26 août 2008
20 ans sous le joug de barbares moyenageux ...
Et voilà le temps passe et j’ai déjà 20 ans, rien de bien différent mais un an de plus tout de même. J’aurai passé cette journée en agence, loin des chantiers le temps de gagner un peu de monnaie, le temps pour moi de penser quelque peu et d’offrir un bilan de cette vingtième année, bilan ni noir ni blanc, quoi que quelque peu pessimiste je vous l’accorde.
Alors que je passais ma journée à répondre au téléphone et à remercier ceux qui pensèrent à ce jour, je suivais de loin la bêtise présidentielle et les mots utilisés par le petit bonhomme, des mots crus qui pèsent lourd (pour changer). On nous parlait de ces « barbares moyenâgeux » que l’on combat en Afghanistan et encore je me laissais aller à penser combien nous regretterions un jour ces mots mal utilisés. Ce sont des termes choc, qui interpellent, qui vont certes éveiller la pensée des français regardant leurs informations, mais un tel manque de calcul de la part d’un chef d’état me laisse de marbre. Pendant qu’il paradait en Chine les droits de l’homme étaient bafoués, pendant qu’il serait les mains c’est le Tibet qui se présentait sur un sol français trop mal dépoussiéré pour accueillir un personnage tel que le Dalaï Lama. Tout cela m’amuse et me consterne, entre guerres et manque d’initiative, certitude de victoire (qui n’est pas sans rappeler un grand pays présent Irak) et certitude de changer la face du monde, nous nous trouvons embrigadés (contre notre volonté) dans une guerre qui ne nous semble pas assez propre pour être notre et pour que l’opinion ne la soutienne. On peut nous soutenir que l’on remplit un devoir international, celui de promouvoir la paix, je ne pense pas être seul à dire que le faire avec des armes n’apparaît que comme un moyen ultime, mais que voulez vous il faut les mâter ces barbares (et encore il n’a pas oser dire qu’ils étaient aussi peu développés que les préhistoriques … mais on y viendra je vous le prédit, et ce jour me mettra hors de moi).
Voilà c’était un petit message entre deux dossiers à classer, je ferai plus long ce soir si je trouve le temps.
01 août 2008
USA : Cessez l’anglais ils parlent français !
Le lendemain du match épique opposant les Metz à une autre équipe (logique), l’équipe locale gagnant pour notre plus grand plaisir, nous nous rendions avec la famille accueillant Benjamin vers la ville grecque, historiquement, de Ithaca. La route nous menant vers la destination ne nous sembla pas tant longue, profitant de ce temps pour partager nos impressions sur le pays avec Benjamin et pour faire plus ample connaissance avec la famille dans laquelle il résidait. La forêt défilait, paysage vert imperturbable filant a tout allure dans ces grands espaces américains. Sous la chaleur déjà accablante nous regardions les sapins qui résistaient sans mal au soleil, vivant dans le seul souvenir du rude hiver passé. Notre climat est bien différent (notons par ailleurs alors que je rédige ce paragraphe que je corrige sans arrêt ce que je rédige, tapant sur le clavier comme si je rédigeais avec un clavier américain).
Enfin nous arrivons à Ithaca où nous débutâmes par une visite du campus universitaire où travaille Julie (la maman de Gaylen). Je pourrais dire que je n’ai rien à envier aux universités américaines et que la Sorbonne est bien plus belle. Mais, en réalité, l’intégration des édifices dans la nature est parfaite, le goût de l’architecte est certain et la confrontation d’un style britannique avec des éléments d’architecture antique et parfois contemporaine fait le plus grand effet. Que j’aimerai étudier dans un tel espace, tout à fait propice au travail et à la méditation intellectuelle, ce qui ne justifie cependant aucunement le prix exorbitant des inscriptions. Notons au passage que James a pour l’American University, comme pour toutes les autres, une liste de rentrée des classes avec tout ce qu’il est indispensable d’avoir pour s’installer dans son appartement, cela va de la brosse a dent à la télévision sans oublier la décoration pour son épanouissement. Ils furent étonné quand je leur dit que la Sorbonne ne nous fournissait pas pareille liste, il faut croire que les français sont trop intelligents et se doutent de ce qui est vital ou ne l’est pas (la télévision l’est pour eux tandis que la radio ne l’est pas … c’est d’une logique parfaite). Chose drôle, quand on me demande le nom de mon université les gens semblent ne pas écouter la réponse, persuadés qu’elle ne sera pas assez connue et qu’ils devront se contenter d’un hochement de tête pour ne pas me vexer, mais dès que le mot « Sorbonne » retentit, fouettant l’air de son prestige, tous s’exclament « oh the sorbonne university, you could be proud, congratulation ! ». Pas la peine de leur dire que le prestige n’est pas total, ils ne vous écoutent déjà plus, parlant de leur idée de cette université de renom, pour eux vous êtes déjà l’élite pensante française, rien ne sert de les contredire, il suffit de changer de conversation pour que tout le monde redevienne normal. Mais l’éducation américaine n’est en aucun point sociale et c’est un point qu’il faut revoir, savez vous qu’un sportif aura une bourse (parfois sans bons résultats scolaires, son diplôme lui sera alors presque donné si il offre à l’équipe universitaire un renom) tandis qu’un major de promotion n’aura rien, ou qu’un étudiant sans le sou sera bien moins aidé. La logique américaine réside dans l’idée d’excellence et de renom, si vous ne rentrez pas dans une des deux catégories, ou que vous ne concourez pas pour l’une des deux, alors vous serez plus délaissés qu’un autre. Mais malgré tout cela, je me dis que passer un an ici pour parfaire mon anglais (et avancer mes études) serait une bonne chose, clairement je veux évoluer en anglais et je ne vois aucun autre moyen si ce n’est celui de l’intégration par la pratique de la langue.
Après avoir été sur le campus nous nous rendîmes le temps du repas vers un village très fréquenté. Nous ne pouvons pas appeler cela un village mais un regroupement de vendeurs dans une sorte de halle marché, en bois. Les produits sont tous biologiques, donc chers, et les badauds qui circulent dans les allées semblent tout droit sortis des années 68’s avec une légère odeur de prairie qui les suit partout. Quelques enfants de la génération hippie se coursent ou poussent déjà la poussette de la nouvelle génération. Tout cela se passe en bord de lac et pourrait être paradisiaque si seulement il y avait moins de monde et moins de bruit. Cela nous permit de manger quelques légumes ce qui nous fit le plus grand bien car à peine arrivés nous en cherchons déjà pour nous changer de la nourriture américaine. Mais je ne vais pas développer ce point, si ce n’est que le fromage me manque tout autant que les légumes et les fruits (une tomate de la taille d’un melon n’est pas une tomate j’en suis désolé).
Cela fait nous allons enfin vers le but de notre visite, dans une réserve naturelle protégée qui nous offrira de belles images et de bons souvenirs. La forêt n’est pas plus épaisse que dans le reste de la région en cet endroit mais elle attire plus de monde, renfermant un trésor bien gardé que nous nous devions de découvrir, mais pour se faire il fallait marcher. L’air était alors de plus en plus humide, orageux, lourd, traînant des éclairs qui n’osaient pas s’élever et restaient encore muet. Par chance le temps se maintiendrait mais la chaleur nous fit suer tous et nous mourrions de désir de nous jeter dans l’eau que nous longions lors de la promenade. Nous allions ainsi le long d’un sentier, bordant la rivière, devinant et voyant des cascades sublimes qui perçaient ce canyon végétal verdoyant. Montant, descendant, serpentant, le chemin nous mena auprès de serpents (de petites couleuvres effrayées à notre vue) et au pied de ces cascades convoitées. Assez vite les français entendirent crier leurs noms, nous ne nous étions pas rendu compte de notre vitesse de marche, parlant ensemble, et oubliant que la moyenne de marche était bien plus basse en ce continent nord américain. Nous regardions cependant ne pensez pas que nous boudions la nature mais nous marchions en bon citadin sans traîner le pied à chaque virage. Au bout d’un peu plus d’une heure, alors qu’on nous en prédisait deux (il paraît que nous avons marché trop vite ce qui explique cette différence de temps de parcours entre le temps annoncé et le temps réalisé), nous arrivâmes au point convoité, la cascade principale qui offrait un bassin assez grand et surtout profond, permettant à ceux qui le désiraient de se baigner. La chaleur ne me fit pas hésiter et je gambadais gaiement vers le bassin. L’eau était annoncée à 65°F tandis que l’air était à 95°F, je ne voyais pas du tout ce que cela faisait en °C mais pour sur la différence de température serait certaine et en effet elle le fut. Je dut plonger pour oser me mouiller mais cela faisait tant de bien que nous profitâmes de ce temps pour nager et aller sous la cascade donc la chute n’était heureusement pas violente. L’orage s’annonçant, et se présentant alors que nous étions en voiture, nous eurent l’idée de rentrer un peu plus tôt en profitant pour partager un repas cher Gaylen. Nous eurent la joie de goûter le vin blanc de l’état de New York qui, entendons nous sur ce point, est assez bon quoi que parfois trop jeune et manquant quelque peu de soleil mais c’est au fond un bon vin de table voir d’apéritif selon le cépage. Mais ne nous attardons pas sur ce point, disons juste que nous avons donné un avis très très détaillé du vin à la famille de Gaylen qui disait Amen à toutes nos remarques (ou plutôt les miennes que reprenait en chœur Benjamin qui disait être en accord avec moi sur tous ces points). Jimmy ne me parut jamais aussi heureux que ce soir là, pour sûr le vin lui était monté à la tête (quand on sait le peu qu’il but cela en est comique).
Le lendemain nous nous rendions au Renaissance Festival, ce fut une bonne journée, amusante et agréable bien que la pluie ne cessa et que nous étions tous trempés. Je devais voir Laura ce soir là mais les orages obligèrent son père à s’absenter et nous remirent donc à plus tard nos retrouvailles. D’ailleurs l’orage est au dessus de la maison alors que je rédige ces lignes, comme toute autre chose il est ici plus grand que chez nous, mais j’aime l’orage et le bruit que cela répercute dans ces forêts. Ainsi la journée passa sous la pluie, au rythme des spectacles dont l’anglais était parfois trop élevé pour les français (vieil anglais il faut le dire…) mais nous comprenions les chutes ce qui demeure le mieux. Tout comme dans le Mall, nous trouvions une animatrice parlant français, preuve s’il en fait que les gens ici parlent français et que l’anglais n’a que peu d’intérêt. Blague mise à part nous partions le lendemain pour New York, je ne pense pas développer ce point dans le billet réservé à cette ville sublime donc je le dis ici, je fus impressionné par le nombre d’usagers du métro qui lisent des programmes d’apprentissage accéléré de la langue française, à croire que cette langue a toujours une importance internationale. Je fus plus amusé encore quand je vis un New Yorkais lire un livre traitant du vin français et apprenant à toute personne à lire l’étiquette du vin en bon connaisseur. Décidément la France demeure un model pour eux que cela soit en matière de nourriture ou de mode, car disons le certains individus semblent n’avoir aucun goût pour ce qu’il en est des vêtements. Mais je fatigue et il est déjà tard, j’en finis ainsi avec ce billet avant de rédiger celui sur ce temps passé dans l’un de mes endroit préféré au monde (devant Rome sans nul doute) : New York City !
USA : Politique et religion – récit de quelques boulettes
L’idée de ce billet me vint alors que je partageais avec quelques français l’ennui d’un match de baseball. Cependant cela nous permit de nous retrouver et de partager sur les jours passés dans les familles, temps durant lequel nous n’avions pu nous contacter. Chacun faisait part de son étonnement face à la conception même des repas, dont l’aspect social est complètement oublié. Enfin cela n’est pas vrai pour toutes les familles, ainsi dans la mienne se réunissent ils à table le temps de quelques minutes (la maman filant souvent achever son repas devant la sainte télé qui trône fièrement dans le salon). Pour tous nous réfutons cette conception qui n’enlève en rien un dialogue dans la famille, mais qui le réduit selon notre pensée. Enfin c’est lors de ce match, long au possible, que nous fîmes part de nos boulettes respectives.
Pour ma part tout commença dès le premier jour. Je sais que les américains n’ont pas l’habitude de se faire la bise et que l’accolade leur suffit bien, mais je ne sais pourquoi un élan français me poussa à faire la bise alors que la mère de James me donnait une simple accolade, que je trouvais cependant assez chaleureuse pour oser ce geste qui l’a surprit. Je compris assez vite et ne tentait donc plus cette action avec le reste des membres de la famille. Cependant, parfois j’ai la chance d’avoir droit à une bise de la sœur, mais vraiment tous ne s’embrassent que fort peu. Je ne suis pas un adepte des bisous tout le temps mais c’est une question d’habitude je pense et au fond j’aime cette manière de se saluer, cela témoigne d’un respect et d’un lien entre les sujets. Bien entendu je n’irai pas baiser toute personne que je croise mais ici je veux leur enseigner cette présentation basique. D’ailleurs je crois que l’on a bien des choses à leur apprendre, sans vouloir non plus devenir chauvin au possible. Pour commencer on devrait apprendre à ces messieurs en costume impeccable à se lever dans le métro pour laisser la place à une femme enceinte, une femme âgée ou tout simplement une femme. Il faudrait de plus leur expliquer que l’on peut laisser passer une femme devant nous, tenir la porte à une demoiselle sans que cela ne réclame un effort inhumain réclamant un repos de quelques minutes cela fait. Ils me rétorquent que la courtoisie est quelque chose de très français, je pensais que cela était humain moi.
Mais passons. La veille du match nous avons eu notre premier repas tous à table. Cela ressemble à la cantine, les plats restent dans la cuisine et chacun va se servir. Nous mangeons au bord de la piscine ce qui est assez agréable en ces soirées chaudes d’été, je vais donc me servir et commence à dévorer mon assiette ayant « oublié » de manger le midi et étant donc affamé. De plus, nous avons préparé le repas tous ensemble, vraiment tous et nous mangeons du porc pané, plat que j’aime tout particulièrement donc je me jette sur la nourriture sans que nul ne m’en empêche, ni ne me freine. Ici on fait la prière, mais nul n’eut l’idée de m’en faire part, je mangeais donc alors que le père parlait lorsque, buvant mon thé glacé, je les vis tous se signer et dire d’une voix unique « Amen ». J’en devins rouge à la vision de mon assiette déjà vide tandis que, tous, attendaient pour manger. Nous ne mangions pas à la même table que les parents, les jeunes sourirent sans mot dire, le père n’avait rien vu. C’est que nous ne le faisons jamais à la maison le Benedictus, il m’arrive de le faire lors de pèlerinages, retraites ou autre actes religieux mais jamais, ô grand jamais, à la maison. Je me trouvais ainsi gêné de n’avoir respecté ce temps que le père imposait à tous. Le lendemain, alors que nous faisions une pause dans une librairie avec James, je lui faisais part de mes excuses, mais cela n’avait vexé personne chacun étant libre de le faire ou non en la maison, cependant étant le seul à ne l’avoir fait cela ne pouvait m’empêcher de me sentir mal. Courte ellipse avant de continuer, alors que nous discutions, je buvais un bubble tea, un thé que j’avais prit au miel dans lequel se trouvent des boules de tapioca. Cela peut sembler étrange mais le mélange est explosif et franchement bon. Mais continuons, lors des repas suivant je fis plus attention et je prenais part à la prière avec tous car tout est bénit, du repas longuement préparé à l’hamburger, d’ailleurs je pense que l’on bénira ma quiche et mes crêpes quand viendra mon tour de préparer le repas. Le père se trouva rassuré je pense alors que je lui disais que certains de mes amis étaient aux JMJ et que j’aimerai voir le pape lors de sa venue sur Paris, cela le rassura de savoir qu’une jeunesse croyait encore car pour lui un pays varie selon les croyances et c’est cela qui fait la force des états unis.
C’est alors que l’on en vint à parler politique. James m’avait alerté, prié même de ne pas en parler avec son père, en raison de ses idées ô combien opposées aux miennes. Obama marquait un panier devant les soldats, pour le père cela n’était pas de la politique et il me demandait ce que je pensais du fait de voir un homme politique faire du sport et étaler sa vie aux yeux de tous. J’eu bien du mal à me retenir et commençais à lui faire part de l’idée française pour les élections prochaines, du fait que nous connaissions assez peu au fond les candidats mais que l’opinion publique c’était tournée vers le candidat Obama. Par ailleurs j’étais en accord sur un point, voir un président faire du sport ne fait en rien avancer sa politique, et je lui fis alors par de mon idée profonde sur les dernières élections françaises. Au fond cette discussion fut très enrichissante. Soldat de profession, achetant une arme à chaque naissance pour ses enfants, il est certain que nous ne pouvions nous entendre, mais personne ne cherchait à convaincre, ce n’était qu’un échange sur deux conceptions bien opposées de la politique et sur ce que deviendrait la politique internationale suite aux élections prochaines. La conclusion peut paraître brutale, mais attention elle n’est en rien raciste (rappelons que le père est marié à une femme du Panama), cependant pour lui une chose est certaine – et tous les américains avec lesquels j’ai parlé le dirent (même ceux en défaveur de Mc Cain) – si jamais le candidat noir est élu … oui car le problème est là pour beaucoup, le candidat est noir et donc le pays n’est pas prêt pour un tel changement, d’ailleurs le père n’y va pas par quatre chemins « si il est élu, quelqu’un le tuera, c’est triste mais c’est comme cela ».
Il est certain que nous avons beaucoup de conceptions opposées, sur le social et sur bien d’autres points mais je trouve nos échanges enrichissants même si ils ne changent pas notre vision des choses. Les discussions sur l’apprentissage des langues, sur l’histoire du Panama me plaisent énormément. Mais voilà que le temps passe et demain je vais à Ithaca avant de me rendre au festival de la Renaissance, puis se sera New York, mais je développerai tout cela dans les billets prochains.

