08 avril 2008
Une fac à la dérive (encore!)
La terre est peuplée de gens aussi bête que laid, mais je ne pensais pas que la bêtise pouvait tant se cristalliser en certains. Sans doute une image quelque peu pessimiste mais il faut oser dire les choses avec des mots. Pour débuter, avant de plonger dans une syntaxe virulente, voyons ce qui se passe de la manière la plus objective qu’il soit, bien que vous conviendrez que telle chose est peu probable alors que l’on s’apprête à parler de soit.
L’action se déroule à l’université, en Tolbiac, cet édifice dégueulant un savoir mal tempéré mais que chacun accueille avec le plaisir d’un puceau, si fier d’apprendre auprès d’illustres savants. Il faut le dire, la Sorbonne –entendons par cela Paris I et IV- n’a de prestigieux que son nom. Les étudiants s’u décomposent, les enseignants s’y ennuient privés de fonds et de problématique intéressante pour leur recherche, tandis que les syndicats, ou plutôt ce qu’il en reste, se battent un bout de pain dur prêt à balancer à droite au moindre coup de vent. Les chiffres le prouvent, les étudiants le disent, mais chacun garde en mémoire un prestige usé, défait depuis des années. Les publications s’appauvrissent tant en nombre qu’en qualité, les savants préférant publier dans des éditions placées de l’autre côté de l’océan, sur un continent bien plus jeune osant financer des recherches n’offrant aucun bénéfice immédiat. Certains, pour le coup, ont réellement un rôle à jouer mais personne ne les connaît si ce ne sont quelques étudiants qui ne désertent pas les amphis pour leur préférer les cafés. Bien entendu, chacun garde en mémoire certains instants d’anthologie qui vont des enseignants cherchant à nous vendre leurs ouvrages aux assemblées générales brûlantes, ces sursauts syndicalistes et patriotiques qui nous mettent le baume au cœur. Entre ces instants, l’étudiant s’ennuie et quant il apprend, peu après il oublie. La pauvreté intellectuelle est réelle avec une absence de débat. Disons le, la fac est comme un livre : figée et morte !
Cependant, je continue à croire qu’un renouveau idéologique est possible et que la fac peut vivre à nouveau. Certes, nous sommes bien loin des Lumières mais la France a (tout du moins nous le dit on) un rôle à tenir sur un plan international, ce qui n’est pas flagrant empiriquement. « L’exception française » me fait pleurer alors que la dérive de notre Etat apparaît totale à ce jour. On me dira sans doute que j’agis peu en comparaison de mes billets mais je pense faire les choses à mon échelle et ce combat ne peut, et ne doit se limiter à une prise de conscience unique, cette dernière devant être collective. Je n’appel pas à une révolution physique mais intellectuelle cela va de soit.
Mais quand je vois cet homme à barbe blanche jouir de son prestige pour tuer le poussin en son œuf, j’ai mal pour l’avenir universitaire. Pour tout dire je rigole souvent quand on me dit « le prof ne m’aime pas » mais pour une fois je crois que c’est le cas. De tous l’auront remarqué la pression que m’impose ce personnage est réelle. Au fond, cela m’amuse tant l’injustice est sublimée dans tout acte émanant de cet être. Mais pour l’heure je fais profil bas bien que cela ne semble pas fonctionner. Mais comme il le dit si bien, j’ai ma cour de femmes qui me parle pendant les cours et que je fais parler. Alors jalousie, haine réelle ou frustration de cet enseignant ? Je ne sais mais ce qui est certain c’est que la qualité d’un chercheur ne fait pas de lui un pédagogue ni un homme juste s’il en est. Pour l’heure je vais tenter de continuer mon petit bonhomme de chemin qui pourrait me mener de l’autre côté de l’océan au Québec ou au Mexique, bien que ce premier semble assez improbable. En effet, beaucoup me disent qu’il y a peu, pour ne pas dire aucun cas de chercheur français sur le terrain américain pour cette période. C’est sans doute la fameuse « exception française » mais si cette dernière pouvait se limiter à notre pays voilà qui m’arrangerait bien. Pour l’heure je clos sur l’état universitaire et prépare un cours car, quoi qu’en dise l’enseignant en question, certains étudiants travaillent … à méditer.