Jukun blog

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28 février 2008

Un matin sans cours

En cette journée grise, alors que les cours ne sont plus et que les heures de vide se multiplient je me suis rendu en la salle informatique, entraîné par une amie qui y travailla sans nul doute bien plus que moi. Je n’étais pas d’humeur, mon ordinateur réclamait, comme un besoin vital, de se sentir parcouru par mes doigts dans ce désir profond d’un nouvel écrit. J’aurai pu voir mes mails, parcourir le web mais ma connexion ayant bien du mal à se faire j’eu l’idée d’écrire sur elle de son entrée en cette salle vaste jusqu’au moment ou mon ordinateur s’éteindrait.

Jeune, fraîche, les lèvres à demi ouverte laissant un souffle d’air passer, le regard pétillant, la jeune étudiante allait d’un pas décidé en cette grande salle. Les ordinateurs s’enfilaient, se courtisaient dans un alignement parfait. L’un d’entre eux était libre, elle s’y posa, d’un geste sortit de son sac un stylo et un cahier, ouvrit un boîtier dans lequel elle prit des lunettes qu’elle posa sur son nez fin. Un collier de pierres chatoyantes lui habillait le cou, ce cou nu et jeune, frais et blanc que le temps n’avait pas encore gâté.  

Elle était là, face à moi, ses yeux parcouraient l’écran dans un va et vient incessant pour décrypter, comprendre, lier les idées qui se présentaient à elle. Les Celtes l’obsédaient, petite déjà elle rêvait de ce peuple ancien mais je mais jamais elle n’aurait pensé travailler sur eux en ce jour. Déjà un sourire plissait sa lèvre supérieure, sa main remettait en place une mèche rebelle qu’un esprit malin faisait retomber délicatement sur son front nu. Ses doigts accéléraient, les touches du clavier pliaient sous les coups répétés de l’élève assidue. Déjà une pensée fugace lui traversa l’esprit, un plan se dessinait dans son imagination. Un stylo en main, un cahier proche recevait en note les observations que la jeune étudiante se faisait à elle-même comme dans un long dialogue introspectif. Ce stylo n’était jamais que le prolongement de sa pensée, cette feuille vierge maintenant tachée sa matérialisation. Puis tout redevenait calme, elle faisait défiler les pages de textes dans une délicatesse et un silence que nul n’aurait voulu troubler. Tandis que ses voisins tapaient les touches comme pour les punir de ne pas leur offrir ce qu’ils désiraient, elle, restait calme, sereine. Tout à coup la jeune fille s’anima, elle prit une voix délicate, cristalline, le téléphone vibrait, elle répondit. Ce que lui disait l’interlocuteur la fit visiblement sourire, mais difficile de savoir le sujet même de cette conversation tant celle-ci demeurait calme. Un léger souffle, un son perça : elle avait rit. Puis elle prit un carnet, son cahier en dessous, elle commença à noter des informations qu’elle semblait vouloir différencier des précédentes. La prévoyance même en cet instant me toucha et l’émotion me prenait. Elle ouvrit sa trousse, non sans bruit je dois l’avouer, un stylo noir lui servit alors, un besoin de repère, une volonté d’une meilleure lisibilité de ce qu’elle étudierait à son retour chez elle. Encore cette mèche retombait, elle la repoussa non sans impatience. Je toussais quant à moi, je m’étouffais presque et, alors que je m’époumonais une ultime fois, elle me proposa un cachet. Je lu alors toute la délicatesse de son regard, cette altruisme, cette générosité que tout un chacun eut pu lui envier. Elle tourna sa feuille, replaça les lunettes qui dégringolaient, glissant le long de son nez droit comme une avalanche courant sur un flanc de montagne. Son regard avait changé, elle semblait plus perplexe, sans doute un site moins sérieux ou contredisant le premier, ce qui est chose relativement courante alors que l’on débute une recherche sur internet. Je prit une pastille, pour passer le temps dirons nous, déjà je me lassais de cette observation saugrenue, avalant celui-ci je prit le paquet vide des pastilles et voulu le lancer dans la poubelle. Coup manqué, maladresse naturelle ou simple sursaut entre deux toux je ne sais mais cela la fit rire et déjà mon attention retournait sur elle.

Plus loin des voix perçaient, tout le monde ne semblait pas souffrir de la même volonté de discrétion en salle de travail et beaucoup des utilisateurs n’avaient aucunement l’idée d’éviter tout dérangement à leurs voisins. Ce qu’il y a de drôle en cette salle ce sont les gens que l’on y croise, la multiplicité des étudiants, des goûts, des volontés diverses qui se cristallisent dans les écrans qui fleurissent comme dans un champ gigantesque. A ma gauche nous avons l’étudiant le plus détesté de tout gréviste qui se respecte en cela que celui-ci n’hésite pas à frapper, dénoncer, voir même à produire des signes d’un racisme tout à fait abject que l’histoire pensait pouvoir oublier. Il semblerait qu’il ne m’ait pas reconnu je tape donc sans peine sur mon clavier, séparé de lui par ce simple écran qui est le mien. Derrière une étudiante qui se trouve au chœur avec moi, elle ne me reconnaîtra pas ou fera mine de ne pas m’avoir vu mais cela est chose assez peu contrariante avec les gens du chœur, voilà d’ailleurs qu’elle se lève passant derrière moi pour se profiler vers la sortie. Un jeune homme qui se trouvait dos à une amie en profite pour récupérer l’ordinateur vacant et délaisser ainsi celui qui fut sien pendant maintenant prêt d’une heure. Le monde voilé, dévoilé, souriant, beuglant, silencieux se mélange ainsi dans un mixte de la population étudiante qu’un sociologue prendrait sans nul doute grand plaisir à étudier. Pour ce qu’il en est des sites consultés les choses fluctuent assez d’un individu à un autre, pour nous rassurer nous dirons que la majorité de la salle consulte des sites en lien avec des recherches. Mais en étant bien plus réaliste nous admettrons que les gens consultent avant tout le programme télévisé, les horaires d’un cinéma de quartier voir même certains sites intégristes (qu’ils soient catholiques ou islamiques), les blogs, les forums, les chats, toute cette multiplicité qu’offre l’internet à ce jour.

Mais revenons à Charlotte, car tel est son nom. Son travail semble avancer, son bloc se remplit, la feuille l’accompagnant de même. Un plan semble voir le jour sans que l’on puisse en jurer quand l’on regarde de mon point. Alors que je défais mon regard un instant de son calepin je croise un étudiant surfant sur la page la plus décriée de l’histoire dans les universités : wikipédia. Sans abuser aucunement, si l’on devait à ce jour parler d’une croisade en ce monde ce serait sans doute celle que mènent les universitaires contre ce site « encyclopédique » si l’on peut dire. Tout un chacun à son avis sur le sujet mais cette demoiselle mériterait presque la lapidation pour une telle hérésie en les murs même de son établissement. Chose bien dommage que l’absence de délation en un tel instant car celle-ci le mériterait bien. Mais déjà mon regard se désintéresse de cet être pour en revenir à ma voisine qui souffle maintenant, comme dans un refus total de continuer sur ce chemin qui la lie aux celtes et à l’étude de leur religion. Ses doigts courent sur le clavier, un mot est rentré, la recherche avancée et une liste sans fin de sites se présente à elle. Il faut maintenant faire un choix méthodique, voir ce qui convient, ce qui est à traiter et ce que l’on doit oublier, les sites ayant une quelconque importance et ceux dont la bêtise semble prendre le dessus sur toute étude scientifique. C’est ce long travail de recherche que nous suivons alors tout au long de ce billet, une activité parfois déplaisante et fatigante alors que l’on a obligation de trouver nombre de données sans en avoir le désir profond. Ss doigts semblent s’exciter, ce n’est plus un mot ni un groupe qu’elle cherche mais déjà une phrase. Elle cesse un temps, vérifie l’heure, soigne ses doigts qui ne tapent pourtant que fort peu, vérifie ses ongles qui claquent contre les touches à mesure qu’elle tente d’accélérer. Elle rédige maintenant sur son blog, non pas qu’elle ait changé et cessé de travailler bien au contraire, il s’agit de billets relatifs à son sujet et accessibles aux étudiants et à l’enseignant permettant à celui-ci de contrôler l’avancée de leur travail. Mais déjà elle se trouve freinée par un énième appel, c’est que la demoiselle n’est pas si sérieuse qu’il semblerait, passant son temps au téléphone elle perd du temps et n’avance guère, invitant les uns et les autres à nous rejoindre, ce qui ne la fera pas plus avancer admettons le.

Mais déjà le temps passe et je n’ai plus envie d’écrire sur la demoiselle. Non pas qu’elle ne m’inspire que trop peu mais je me fatigue, je n’ai pas mes lunettes, mon ordinateur me supplie de le laisser respirer et je ne peux qu’accepter de recourir à sa requête. Cependant la rédaction d’un tel billet m’aura amusé et changera des écrits parfois trop sérieux qui fleurissent en ces pages.      

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26 février 2008

"Bouddha s'écroule de honte"

Il est très rare que je parle cinéma sur mon blog. Non pas que je déteste cet art, bien au contraire, mais je n’ai jamais réellement ressentit le désir profond de vous faire partager une quelconque expérience cinématographique. Bien entendu nombre de films sont beaux mais de la à m’inspirer je ne sais trop. Pour une fois cependant j’ai passé une journée dictée par le cinéma et j’ai eu l’envie de rédiger sur les deux films que j’ai pu contempler. Le premier attire et remplit les salles en ce moment, le second n’est présent qu’en cinq salles de notre belle capitale et laisse des salles désespérément vide sans doute par son sujet lourd et difficile à regarder. Preuve, s’il en fallait, que l’art est encore témoin de son temps et non pas un simple outil de divertissement, de consommation.

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Parlons du premier film. Il s’agit du Paris de notre bon ami Klapisch. Je crois pouvoir dire sans me tromper que cet homme aime cette ville, celle-ci est filmée sous tout ses angles, parfois anecdotique, souvent touchant, la vision sensuelle, féminine de notre capitale m’a envoûté. Les amphis de la Sorbonne, dépoussiérés pour l’occasion, les rues entrecroisées de ce Paris d’aujourd’hui dans lequel nous évoluons et vivons au jour le jour. Cette œuvre respire la vie et alors que le grand corbillard va à la rencontre des protagonistes, comme dans une longue marche nuptiale, j’avais un sourire et une larme. Les deux s’entremêlaient, c’est sans doute ce qui définit le plus cette ville à mes yeux. Du quartier latin en passant par les constructions neuves du quartier de la bibliothèque nationale, jusqu’à Montrouge et la bute du Sacré Chœur. Tout ce que j’aime et tout ce qui me délecte se trouvait dans cette vision d’un Paris toujours plus grand, toujours plus beau, avec cette opposition entre ancien et moderne, opposition qui n’est plus seulement littéraire mais architecturale à ce jour. Le rôle désapprouvé de la vulgarisation historique est sans doute un point assez intéressant quoi qu’on en dise. Enfin même si la vision de la boulangère ou du taxi nous semble assez imagée, ne nous mentons pas nous avons tous reconnu des sujets déjà croisé dans ce film. Alors oui Paris c’est peut être après tout la simple traduction de cette phrase « la chance d’être en vie », phrase qui eut put être un titre à elle-même. Vraiment beau !

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Le second film est quant à lui plus contemplatif, la dérision est moindre, la tension plus grande. Le Cahier est un de ces films qui ne passe que dans dix salles sur tout le territoire et que vous avez donc fort peu de chance de voir un jour. Avantage d’un tel film, on ne peut le télécharger en cela que personne n’oserait le mettre en ligne. L’histoire est assez courte, profonde, bouleversante. Le sujet est simple et assez complexe à la fois. L’action se déroule en Afghanistan, sous les débris de l’ancien Bouddha géant dynamité par les Talibans. C’est dans cette montagne meurtrie que vivent des milliers de personnes vivant d’une économie pastorale assez peu développée dans cette région oubliée du monde. Barktay est jeune, elle vit dans ce monde, à 6 ans alors qu’elle garde son frère elle entend son voisin réciter son alphabet. Une idée lui traverse l’esprit, elle doit étudier, mais pour se faire dans un tel pays il faut un cahier et un stylo. Oui mais un problème majeur se pose, la belle petite n’en a pas. Après avoir vendu pour gagner de l’argent elle s’achète un cahier mais alors qu’elle se rend à l’école celle-ci se trouve sujette au jeu de garçons qui s’amusent à jouer à la guerre. On tremble, on a peur, on vit cette tension sublime sur laquelle la question suprême se pose : quel avenir pour des enfants nés et baignés dans la violence ? Une phrase ponctue ce film « fait la morte et tu vivras », un résumé du film qui accompagne bien le titre original qui aurait mérité une conservation « Buddha collapsed out of shame ». Makhmalbaf montre ainsi la condition féminine, la condition des enfants et de la pensée en un tel univers, mais avant tout c’est la condition humaine qui nous est dévoilée dans toute son atrocité. 

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22 février 2008

"Je suis ton père"

C’est alors que je devais préparer un oral de présentation en archéologie de l’Afrique que j’ai eu l’idée de ce billet. Il nous est apparu clairement que l’histoire humaine avait dans l’idée, non pas d’occulter, mais de minimiser certains éléments qui l’avaient constitué. C’est pourquoi j’ai décidé de clarifier les choses et, une fois n’est pas coutume, de vous parler de préhistoire africaine. Mais voilà que je vois dans vos yeux hirsutes la fièvre de l’ancêtre vous envahir et alors que je m’apprête à vous parler de notre plus vieil ancêtre commun je sais déjà le nom qui fait vibrer vos lèvres sèches.

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Certains penseront au singe et ils n’ont pas tort. Si l’on abandonne l’opposition des thèses entre Darwin et l’Eglise, il est certain qu’une césure ancienne (un schisme en quelque sorte) nous a séparé des singes dont nous avons un ancêtre commun. Nous sommes donc des primates je vous l’accorde mais ce n’est pas tout à fait ce que je voulais vous faire dire. Ah voilà, nous y sommes, vous pensez donc à Lucy ? La doyenne de l’humanité, la femme par qui tout a commencé. C’est ce qui est enseigné encore de nos jours dans 80% des écoles, si ce n’est plus, et pourtant … Preuve, s’il en est, que notre éducation est obsolète et que nombre d’enseignants devraient à loisir suivre les découvertes à défaut d’en être informé par leur ministère (absent et muet). Mais passons je n’ai pas dans l’idée d’effectuer un plaidoyer ou une attaque de notre éducation mais si jamais un enseignant lisait ces quelques lignes qu’il n’hésite à répondre si une telle attaque lui semble injustifiée quant au programme scolaire.

Ainsi donc Lucy n’est plus, c’est une jeunette et nous avons depuis quelques années trouvé des hommes de 3 à 4 millions d’année son aîné. Il y a eu Orrorin et ses 6 millions d’années au Kenya, découvert en 2000 puis Toumaï découvert en 2001 au Tchad et vieux de 7 millions d’années. Je ne vais pas proposer une étude morphologique du crâne comme nous avons pu le faire dans le cadre d’un devoir, ni une étude paléoclimatique et faunique voulant être le moins indigeste possible. Cependant Toumaï, de l’espèce Sahelanthropus Tchadensis, est bien notre ancêtre le plus ancien à ce jour et donc le « doyen de l’humanité » si l’on veut reprendre cette expression de la jeune Australopithèque. Notre plus vieil ancêtre vivait donc en bord de lac dans une savane boisée, ce qui lui permit de se cacher des dangereux prédateurs qui évoluaient sur sont territoire tel le tigre à dent de sabre. Certains scientifiques réfutent l’idée même que ce soit un hominidé (un homme) et pensent que c’est une paléogorillette mais je vous passe les explications de cette thèse.

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Toumaï apparaît donc aux vues des études comme notre plus vieil ancêtre bien que celui-ci semble un peu occulté dans nombre d’ouvrages de vulgarisation, outil pourtant bien utilisé par Michel Brunet et son équipe. Découverte récente, les contemporains ont encore bien du mal à se faire à ce nouvel ancêtre lui préférant Lucy qui, elle, est entrée dans les mœurs. D’ailleurs il n’est pas rare d’entendre encore à ce jour dans les écoles que cette Australopithèque, plus jeune de 4 millions d’années, est notre plus vieil ancêtre.

        «Une petite Maëlle m’a récemment raconté que son instituteur avait organisé un cours sur la préhistoire. Trente années après sa découverte et alors que nous avons considérablement progressé dans la connaissance de notre origine, Lucy y était encore présentée comme la doyenne de l’humanité. Toumaï n’est qu’une tête sans jambes. Orrorin et Ardipithecus ne sont que des dents et des membres sans tête. Au final, ils n’existent pas. Cette anecdote illustre toute la difficulté et le temps nécessaire au passage de nouveaux acquis dans l’enseignement. »  (De Abel à Toumaï – Michel Brunet)

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Partir ... rester?

Et si demain tout devait changer ? Et si en un seul mail tout devait évoluer ? Je réfléchis de plus en plus à la possibilité de quitter Paris pour continuer, plus qu’achever, mes études. Pour se faire le chemin de réflexion est assez long, je dois peser le pour, le contre, penser mon sujet, le resserrer, être certain qu’un tel changement me soit bénéfique. Alors partir oui mais pour faire quoi ? Pour aller où ? Et pourquoi vouloir partir si c’est pour faire ce que l’on peut sur Paris ?

C’est décidé la longue période de la préhistoire m’a avalé et envoûté. Cependant cette période représentant 99% de notre histoire il va de soit que je dois plus que tout choisir une période et une zone. Attiré par l’aventure, par les contrées non pas inexplorées mais tout du moins peu étudiées, j’ai dans l’idée de travailler sur une préhistoire nord américaine, une préhistoire paléoindienne. Le territoire est vaste, s’étendant du Mexique à l’Alaska et même au-delà. Il faut donc se centraliser en un point unique pour éviter toute digression. Notre continent nord américain, que je dis notre en cela que la souche est sans nul doute européenne, se décompose en six zones : les cultures canadiennes arctique, canadiennes sub-arctique, l’aire de la côte ouest, l’aire des Grandes Plaines, l’aire des plaines et enfin la côte est. J’avoue que pour l’instant je ne sais trop vers où me tourner étant attiré tant par le grand nord que par les plaines centrales mais au fond ce n’est plus que du détail car l’important est de communiquer un lien entre ces zones, une interaction entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique actuel. Car il ne faut pas se mentir, ceux du sud furent ceux du nord, la répartition les aura juste fait descendre plus encore. C’est donc bien le processus migratoire américain qui m’intéresse et la possibilité d’appréhender celui-ci d’un point de vue archéozoologique sachant bien que les hommes ne faisaient qui suivrent les troupeaux.

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Mais alors où aller pour étudier cela ? J’ai trois possibilités, ou peut être même quatre mais j’en doute fortement. Premier doute, je pourrai continuer à dépendre de Paris I tout en demandant à avoir un double directeur pour le mémoire, un en France et un sur le continent américain qui serait spécialisé sur cette période, mais cela semble compliqué bien que cela serait le plus simple. En second j’ai la possibilité de m’envoler vers Montréal pour tenter d’intégrer le master de Ariane Burke ou de Chapdelaine qui sont des experts en ce sujet dans cette université et ont une bonne étude archéozoologique. Dans ce même pays je pourrai retrouver Laval et Woolett ce qui serait presque le mieux quoi que j’ai une préférence pour Montréal. Enfin je pourrai tenter d’intégrer le programme du Muséum National d’Histoire Naturelle qui traite de ce processus migratoire mais je ne suis pas certain que ce cadre me convienne tout à fait. C’est certes sérieux, prestigieux même mais je dois bien vérifier que ce système demeure assez universitaire pour moi, je veux continuer à appréhender le terrain et ne pas me contenter du laboratoire. Mais je pense que ce serait le choix le plus judicieux et que ma volonté de filer au Québec ne fait que traduire mon envie d’évasion. Bien entendu j’ai des attaches sur Paris, une copine, une famille, des amis et j’ai bien conscience que tout cela sera bien difficile à conjuguer si jamais je fais le choix de partir. Je prends encore le temps de réfléchir, si je veux partir sur le nouveau monde je dois rendre les dossiers avant Février 2009. Je me laisse donc un an, que dis-je quelques mois pour avoir les idées claires et remplir, ou pas, les feuilles d’inscription. Au pire je peux le faire « pour voir ». J’ai conscience que personne ne tentera de m’aider ou de me répondre mais un tel billet me permet de clarifier les choses. Et si jamais vous passez sur ce blog, laissez un signe de vie, le pauvre se sent abandonné parfois.

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09 février 2008

Le temps d'une chanson

Pour certains ces mots veulent tout dire, pour d'autre ils se demanderont sans doute d'où je sors un tel verbe. Pour certains cela semblera lisible et fluide, pour d'autres ridicule et sans saveur. Enfin pour certains cela racontera leur histoire, pour d'autres une histoire humaine parmis tant d'autres. Pour moi j'ai grandit en entendant l'Estaca, chant révolutionnaire composé un matin de 1968 par un catalan, lui aussi, Luis Llach. Elle fait bien entendu référence à la dictature de Franco, cette lutte contre le Franquisme en catalogne. Un hymne révolutionnaire de plus dont l'histoire se délecte mais que les hommes auraient préféré ne jamais avoir à écrire.

L'ESTACA

L'avi Siset em parlava
De bon matí al portal,
Mentre el sol esperàvem
I els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l'estaca
On estem tots lligats ?
Si no podem desfer-nos-en
Mai no podrem caminar !

(refrain)
Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar :
Segur que tomba, tomba, tomba !
Ben corcada deu ser ja.
Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar.

Però, Siset, fa molt temps ja :
Les mans se'm van escorxant,
I quan la força se me'n va
Ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida
Però és que, Siset, pesa tant
Que a cops la força m'oblida.
Torna'm a dir el teu cant É

L'avi Siset ja no diu res,
Mal vent que se l'emportà,
Ell qui sap cap a quin indret
I jo a sota el portal.
I mentre passen els nous vailets
Estiro el coll per cantar
El darrer cant d'en Siset,
El darrer que em va ensenyar

Je ne sais pourquoi, ou plutot j'en ai une idée, mais j'ai un besoin cuisant de retourner à mes racines. Le catalan s'impose comme évident pour moi, non pas que je le parle, je le déchiffre seulement mais entendre cette langue me ramene en enfance quand tout était plus simple, quand tous étaient plus jeune, quand nous étions ensemble. Les saradanes, le muscat, l'usap ...

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre esser, és el nostre pa

Parlem català, per te dir t'estimi
Parlem català per collir la flor
Per esgrunarels anys
d'aquest temps que passa
Parlem català per riure i cantar

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català ésla nostra vida
Es el nostre esser, és el nostre pa

Per dir la tristor, tenim català
Per calmar les penes, tenim català
Tenim català per cantar l'amor
i per fer les festes, saltar i ballar

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català ésla nostra vida
Es el nostre esser, és el nostre pa

Alguns no voldrien aquest català
Arreu si podien el farien callar
Pero per tant que fassin
Juntarem las mans
I tots cantarem el sempre endavant

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català ésla nostra vida
Es el nostre esser, és el nostre pa

Asota el cel blau del nostre pais
Cantarem la pau, l'amor i l'encis
L'amor de la terra,
l'amor del germans
I per tant que fassin, serem catalans

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català ésla nostra vida
Es el nostre esser, és el nostre pa
_________________
Sem catalans!

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05 février 2008

Introduction - Les indiens d'amérique du nord

J'ai décidé de développer en divers billets ce qui me pasionne et dont je pense faire ma vie. Non pas encore que mon choix soit arreté quant à la zone américaine à étudier mais il est certain que ce sera l'étude de culture nomade ou tout du moins semi nomade qui remplira mon temps, quel plus bel exemple pour en parler que les Indiens? Les grandes plaines, les esprits de la nature, la rivière sauvage, le feu qui s’élève et crépite dans son foyer natif. Toutes ces images que nous avons et dont nous rêvons alors que nous entendons le mot « indien » s’élever dans une conversation. Mais qui sont réellement ces êtres à qui l’on attribue un chamanisme amérindien spécialisé ? Qui sont ces chasseurs que l’on dira semi-nomade avec un territoire qui leur est propre ? Doit on ou plutôt peut on voir en eux l’exemple de sociétés anciennes, du paléolithique même, qui évoluaient en Europe ? Que dire du contact tardif avec l’homme « blanc » et qu’en penser de nos jours ? Nous allons tenter de voir comment appréhender ces sociétés qui sont aussi nombreuse que les étoiles qui jalonnent le ciel et le tachent de leur lueur.

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Débutons par le commencement, parlons de l’arrivée de l’homme « rouge » en ce nouveau continent. Puis nous verrons les bases de son économie avant de parler enfin de ce qu’est dans l’imaginaire un indien. La thèse communément acceptée à ce jour est une arrivée en deux vagues par le détroit de Bering lors de l’équivalent européen du Wurm. Mais passons ces mots barbares et expliquons le processus de peuplement du continent américain et l’évolution des vagues migratoires jusqu’au sud et à la très lointaine terre de feu. Il est avéré que la migration se fait lors de la glaciation alors que des peuplades en migration, à l’économie basée sur la cueillette et la chasse, suivent les troupeaux. On parle ainsi de deux migrations, la plus ancienne en 35 000 av JC et la seconde en 15 000 av JC alors que le détroit est transformé en isthme. Pour ce qu’il en est du parcours sur le continent. Les peuplades arrivent en Alaska, de là elles suivent le fleuve Mackenzie pour arriver dans les plaines du Nord. De là on constate deux chemins divers qui permirent une étendue sur tout le continent. Un groupe alla vers le Missouri allant jusqu’à la vallée dite Snake River voir un peu plus au sud. Pour ce qu’il en est de la seconde possibilité migratoire, certaines peuplades suivent les Rocheuses pour descendre sur le continent sud en continuant sur la chaîne andine. On parle donc d’une migration très longue qui explique sans doute la diversité des langages et de la morphologie des indiens, avec des peuples élancés et minces tels les Sioux et d’autres trapus avec un visage rond comme les Mayas. Certains anthropologues ont pensé voir en les Indiens une souche venant de Mongolie mais nous ne nous attarderons pas sur les considérations en ce qui concerne les origines. Cependant on sait bien que le peuplement du continent est uniquement migratoire, aux vues des études que l’on a réalisé à ce jour, ne trouvant aucune trace d’évolution des primates et uniquement l’homo sapiens comme genre humain.

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Passé le stade migratoire, on va voir une évolution de sociétés aborigènes à une société agricole, basée sur une économie pastorale. Nous allons voir en premier lieu les sociétés à l’économie basée sur la chasse avec les diverses pointes de lance et de flèche que l’on trouve sur les sites du continent américain. Pour débuter on peut diviser les catégories de pointe en trois styles. Cependant il importe de parler des stades divers, pour débuter on a un stade pré-pointe avec utilisation de simples éclats de galets non contrôlés que l’on appelle communément : chopping tools et chopper. Ce stade pré pointe se développe avant 12 000 av JC, puis l’on entre dans le stade dit de pointe que l’on va étudier plus en détail. Bien entendu vous vous demandez sans doute en quoi cela nous informe-t-il sur la société indienne mais je vous le dis c’est par l’évolution que l’on peut daigner appréhender une société. Ainsi on parle de trois types de pointes qui chacun préfigure une chasse particulière et donc un couvert végétal, une faune particulière. Puis apparition d’armatures avec les points Clovis amenées par enlèvement laminaire et qui peut avoir des antécédents qui s’apparentent à un style français, d’où le nom. Second type est la pointe Folsom, plus courte, plutôt associée au bison. Puis la pointe Plainview caractéristique des mastodontes. Donc on a un stade prépointe puis pointe de 12 000 à 8 000 BP. On est alors en pleine période lithique américaine, avant que ne débute la période archaïque qui se caractérise par l’émergence de sociétés sédentaires, ou tout du moins semi-nomades et à l’économie pastorale. Ainsi on admet que les premiers américains vivaient de la chasse tout comme l’atteste l’outillage lithique développé et les restes fauniques observés en contexte archéologique. On trouve nombre de sites (Lewisville au Texas il y a 33 000 ans, Tule Springs dans le Nevada en 21 800 av JC) avec des sites de bisons et mammouths carbonisés en association à des vestiges de pointes. Mais ces industries ne se limitent pas à des pointes, on peut y associer des grattoirs, perçoirs, couperets, lames en silex, broyeurs en pierre et des os travaillés. On parle ainsi de Paléo-Indiens chasseurs de bisons, chevaux, mammouths et nomades.

Avec le temps et la fin du Pléistocène, on arrive à un réchauffement climatique qui va voir se développer un nouveau couvert végétal, une écologie propre aux nouvelles données environnementales en raison du climat nouveau. Cela va influer sur la faune et créer la disparition du mammouth. Cependant les populations ne migrent pas forcément et vont donc continuer la chasse sur des gibiers moins gros. Ils se tournent dès lors en vue d’une économie complémentaire, vers la cueillette et la prédation de mollusques comme le prouvent certains amoncellements de coquillages en bordure de rivière ou de mer.

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Dès 8000 av JC se développe une société Paléo-Indienne dont l’économie commence à développer un aspect agricole comme le prouve la présence de meule à grain sur certains sites de l’Utah. On constate des sacs fabriqués en coton sauvage en vue de pouvoir cueillir et récolter. On sait aussi que les graines étaient collectées dans des paniers et étaient la base de la consommation dès lors. La connaissance des plantes, des végétaux, a amené progressivement vers une agriculture archaïque, assez rudimentaire, tout comme il en était encore au XIXe siècle avec des peuples comme les Utes dans la région du Grand Bassin. On constate que l’agriculture se développerait en premier au sud est dans les zones ou les peuplades sont en lien avec les civilisations qui émergent en zone mésoaméricaine (Amérique centrale). L’agriculture permettra ainsi le développement, l’épanouissement de certaines cultures avec une révolution du mode de vie en raison de l’attrait agricole.

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On entre alors dans une nouvelle aire avec un développement de sociétés de vanniers, puis le développement des bâtisseurs. Même si ces termes sont assez étranges, ce sont ceux proposés par Jacquin que nous utilisons par analogie. Alors que l’agriculture se développe on voit apparaître une technique nouvelle qu’est la vannerie. On parlera de la culture des Basket Makers qui regroupe trois cultures qui se développent de 300 à 1300 ap JC. Ces cultures sont appréhendées par les vestiges archéologiques qu’elles nous ont laissé. Ce sont des agriculteurs qui s’installent en 300 dans le Nouveau Mexique et qui cultivent la trilogie mésoaméricaine qu’est la courge, le maïs et le haricot. L’habitat est à demi-enterré pour permettre le développement de la fraîcheur dans une zone tempérée chaude. On sait que les Mogollons connaissent la poterie et le tabac, on parlera donc plus précisément non plus de société préhistorique mais protohistorique. On pense que ces indiens sont les ancêtres des Zunis avec des vestiges de gravure sur coquillage et utilisation de cactus pour la récolte de son eau et de sa sève. Pour finir nous allons voir la culture qui laissa la plus de vestiges pour l’archéologie : les Anasazis. Dès 900 cette culture développe la construction des maisons en brique avec une partie souterraine que l’on nomme les Kivas. Avec le temps l’architecture se développe jusqu’à trouver des forteresses comme Cliff Palace sur le site de Mesa Verde dans le Colorado. Mais le site le plus caractéristique est celui de Aztec Pueblo dans le Nouveau Mexique avec un ensemble de 800 pièces dans lesquelles évoluaient plus de trois cent familles avec un développement important de l’artisanat. On est donc en présence d’une société pastorale avec agriculture de coton et de la trilogie (maïs, courge, haricot) ainsi que l’élevage de dindon et un développement de l’artisanat avec même de l’orfèvrerie et un textile fin. ON constate un abandon en 1300 avec des population qui émigrent vers l’Arizona dès lors en raison, sans nul doute, de la sécheresse. De plus l’invasion observée des Apaches et Navajos a sans nul doute accélérée cet exode.

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Se développe en parallèle de 2200 av JC à 200/300 ap JC, la culture Adenas qui construisent des habitats en bois mais sont avant tout connu pour leurs constructions de sépultures sous tumulus dont on en dénombre 10 000 dans l’Ohio. Thomas Jefferson fouillera nombre d’entre eux et l’on en conclue que ce sont des cultures qui se succèdent et ont recours à un même genre d’inhumation. On a ainsi, en contexte funéraire, pu observer nombre de squelettes, de parures en perles, de statues fines et de céramique. L’industrie nous est elle renseignée par l’étude funéraire des tumulus. De 300 à 1300 ap JC, les Adenas vont être remplacé par les Hopewell dans l’Ohio et dans le Kansas. Leurs tumulus livrent un mobilier encore plus riche et l’on voit apparaître une utilisation importante de l’obsidienne sous forme de lames prismatique, de la céramique sculptée sous forme de femme assise. On voit ainsi des lames de couteau en obsidienne, en cuivre et l’on sait que les feuilles de mica permettaient de décorer le textile. Ces deux cultures étaient sans nul doute régies par une caste avec des sépultures de chefs et de prêtres. La fin de cette ultime période livre nombre de sépulture dont la nature atteste de morts violentes et nombreuses. On voit émerger dès lors les « Civilisations du Mississippi » avec une société religieuse strictement hiérarchisée. Ainsi, bien que nous l’ayons montré assez sommairement, alors que les Européens arrivent, l’Amérique a déjà connu des sociétés Indiennes bien loin du stage primitif rapporté par les colons. Le commerce était hautement actif sur tout le continent, l’économie pastorale avec une complémentarité de chasse bien ancrée. Et, même si les sociétés sont assez différentes elles ont toute un point commun : un respect pour la nature quant à l’interaction qui les y liait.

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C’est ainsi que j’achève ce qui ne semble être qu’une introduction assez pauvre de la diversité d’émergence des sociétés Indienne d’Amérique. J’en profite alors par la même pour vous présenter ce qui me passionne à ce jour. Je n’ai certes pas développé les sociétés lithiques de mésoamérique mais à ce jour mon cœur balance entre cette pré-protohistoire américaine et mésoaméricaine qui, quoi qu’on en dise, est complémentaire en nombre de points comme le prouve l’interaction entre les zones et le développement du commerce qui ne se limitait pas à une aire.

"Dieu créa la terre, la terre des Indiens, et c'est comme s'il avait déployé une grande couverture. Il mit les Indiens dessus. Ils furent créés ici, parole d'honneur, et cela se passa au temps ou cette rivière commenca à couler. Puis Dieu créa les poissons de cette rivière et mit des daims dans les montages et dit des lois qui permirent au poisson et au gibier de proliférer. Ensuite le Créateur nous donna, à nous Indiens, la vie ..." (Weninock, chef Yakimas).    

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04 février 2008

L'Europe va mal ... l'Afrique crève? Et alors?

L’envie désagréable d’écrire sans rien à dire pourtant. Juste le désir de laisser mes doigts courir sur mon clavier noir sans nullement le besoin de dénoncer, l’envie fugace de me changer les idées. Les partiels vont s’achever sans que je ne n’ai aucune idée quant à la réussite ou pas de cette première cession. Comme si il m’importait de devoir revenir en septembre, et pourtant je détesterai une telle nouvelle mais le temps semble s’être arrêté quelque peu depuis deux semaines.

Et puis je ne sais quoi dire, parler du train ne m’amuse plus, du passé qui n’est pas révolu ? Il y a bien le mariage entre notre président et sa guitariste mais vraiment je n’ai que faire de ces can-can. Il y a plus grave mais n’oublions pas, il y a plus important. Le Kenya se déchire, les Etats-Unis écrivent le scénario de leur présidentielle, tandis que de notre côté nous faisons un film de la vie de notre représentant. Enfin ce qu’il y a de positif c’est qu’avec cela il y a enfin, à ses côtés, une personne chargée de l’animation lors des soirées et congrès. Au Tchad on a que faire de ces facéties, à N’Djamena la situation demeure incertaine, au Sri Lanka sévit une nouvelle vague d’attentats, au Kenya le cessez-le-feu ne semble pas encore effectif, à Bagdad on découvre l’émergence des femmes bombe de Al Kaïda, l’Egypte et la bande de Gaza sont séparées par une frontière close. De notre côté les choses vont tellement plus mal … la bourse s’écroule, je crève à l’idée de voir ma petite société générale rachetée en bon patriote que je suis, je m’inquiète à savoir comment la lune de miel s’est déroulée et constate un rictus aux lèvres que l’université de Dauphine souhaite augmenter ses frais d’inscription. En voilà une bonne nouvelle qui devrait ravir les adeptes de la nouvelle politique gouvernementale, surtout que l’augmentation est assez significative et ne se voit accompagnée que d’une augmentation de 7,5% d’éxonération suplémentaire. Conclusion l’université va renflouer ses caisses, l’idée est assez bonne non ?

Actuellement, 2 000 étudiants de Dauphine sur 8 500 sont inscrits en DU. Avec cette réforme, leurs frais d'inscription - 350 à 400 euros en moyenne aujourd'hui - pourraient atteindre 1 650 euros. Parallèlement, leur modulation en fonction du revenu de la famille de l'étudiant est envisagée. "Les étudiants les plus démunis bénéficieront de cette réforme, assure Laurent Batsch, président de Dauphine. 20 % de nos étudiants seront exonérés de tout droit d'inscription, contre 12,5 % actuellement." (le Monde)

Sur ce je vais vous laisser et m’en retourner à une ultime relecture avant d’aller à mon partiel. J’en profite au passage pour faire de la pub pour le concert.

Mercredi 6 février 2008 à 20h30 « Concert lecture - chœur et piano »
Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne
Poulenc : Stabat Mater
entrée libre
Soprano : Dorothée Lorthiois
Chef de chœur : Guillaume Connesson


Jeudi 14 février 2008 à 21h00 « Concert de l'Orchestre et Chœur de l'O.C.U.P. et du Chœur du Collegium Musicum de Berlin »
Église Saint-Eustache
Chostakovitch : Concerto n°1 pour violoncelle
Poulenc : Stabat Mater
Schubert : Extrait messe en Mi "Dona Nobis Pacem"
Duparc : Lénore
Violoncelle : Sarah Jacob - Soprano : Dorothée Lorthiois
 

(Pour le second, vous pouvez acheter des places au service des affaires culturelles du Crous de Paris, 39, avenue Georges Bernanos - 75005 Paris - RER B : Port Royal, du lundi au vendredi de 10h30 à 17h30.Tarifs : 2 € pour les étudiants et 15 € pour les non étudiants.) (candice)

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